Pourquoi les employeurs canadiens se fichent de votre diplôme français?

Chaque année, des milliers de personnes débarquent au Canada avec un permis vacances travail dans l’espoir de commencer – ou poursuivre leur cheminement professionnel. Puisque le Canada applique une politique d’immigration sélective – ce qui signifie qu’on y choisit des candidats ayant des compétences – la grande majorité des arrivants sont scolarisés dans un domaine et donc prêts à intégrer le marché du travail.

Malheureusement, un diplôme étranger n’est pas un pari gagné pour trouver un emploi dans sa branche. Vous ferez face à de nombreuses difficultés afin de faire valoir vos compétences. Voici 3 raisons qui expliquent cela:

1-L’existence de professions ou métiers réglementés. Plusieurs métiers sont encadrés par un ordre professionnel. Cela signifie que pour pouvoir exercer la profession, il faut impérativement être un membre en règle d’un ordre. Là où les difficultés surgissent, c’est aux conditions pour y devenir membre, dont celle d’avoir un diplôme canadien spécifique.

Par exemple, vous êtes infirmière formée en France ou au Maroc. Vous ne vous verrez pas reconnaître immédiatement qualifiée pour travailler au Québec, puisque l’une des conditions pour avoir un permis de pratique d’infirmière technicienne est d’être détentrice d’un diplôme d’études collégiales en soins infirmiers. Or, ce diplôme n’est qu’offert qu’au Québec. L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec accepte cependant de considérer les candidats formés à l’étranger, mais il faut passer par un processus pour faire reconnaître le diplôme étranger. Sauf que cela n’est pas tout: même si le diplôme est reconnu, la candidate doit également réussir un programme d’intégration professionnel. Il faut donc se préparer à consacrer temps, argent et énergie à obtenir le droit de pratiquer votre métier dans une province canadienne.

Certaines professions réglementées sont très ouvertes à considérer des diplômés étrangers pour l’inscription à l’ordre, mais d’autres sont beaucoup plus fermées. La profession de psychologue est un exemple où l’accès est plus difficile pour une personne formée à l’étranger.

Sachez que plusieurs titres sont protégés au Canada et qu’il est interdit de les utiliser si vous n’êtes pas membre en règle de l’association professionnelle de votre métier. Évitez donc les mentions sur votre carte d’affaires ou CV les ing. (pour ingénieur), les titres-comptables (tel que C.A. ou C.P.A.) ou traducteur agréé (qui est un titre protégé, mais traducteur tout court ne l’est pas).

2-La méconnaissance des employeurs quant à vos diplômes. Paradoxalement, si l’immigration canadienne vous accueille volontiers sur la base de votre formation, il n’en est pas de même pour les employeurs canadiens. Ces derniers se sentent beaucoup plus à l’aise à considérer la candidature d’une personne qui a fait ses études au Canada – voire dans la même province où se trouve l’employeur.  Le recruteur connaît la valeur du diplôme canadien, le contenu des connaissances académiques, les spécialistes du milieu ayant enseigné dans les universités de la région, etc. Il vous faudra donc être très persévérant pour faire valoir vos compétences.

Le meilleur moyen de s’y prendre est d’éventuellement accepter un poste qui ne correspond pas à ce que vous recherchiez. Si vous souhaitez travailler dans le domaine de la gestion des ressources humaines et que vous aspirez à un poste de cadre, il faudra peut-être considérer d’abord un emploi de préposé à la paie pour une entreprise possédant un département de ressources humaines.

Avec le temps, l’employeur sera en mesure d’évaluer votre rendement, votre attitude au travail, connaître vos aspirations et apprécier vos qualités. Avec un peu de chance – et de patience – lorsqu’une opportunité s’ouvrira devant vous, il sera beaucoup plus facile de la saisir puisque vous aurez démontré votre valeur comme employée. Ce ne sera pas tant le diplôme qui sera tenu en compte que l’expérience acquise au sein de l’entreprise canadienne.

3-Le manque d’expérience canadienne. Au Canada, les diplômes n’ont pas de statuts aussi élitistes que dans certains pays. C’est-à-dire qu’on ne cherche pas quelqu’un qui sait, mais quelqu’un qui peut. Les connaissances théoriques, même acquises lors d’études supérieures, ne sont pas ce que les recruteurs recherchent le plus. C’est plutôt le savoir-faire qui prime. Si vous avez de nombreux diplômes, vous serez peut-être tenté de les faire valoir auprès des employeurs, mais cela peut être une erreur pour les pvtistes au Canada. Il vous faudra plutôt miser (autant sur votre CV qu’en entretien) sur les compétences acquises qui vous permettront de faire le boulot demandé. Si vous avez de l’expérience à titre de secrétaire, c’est que vous savez probablement bien rédiger, préparer des comptes-rendus, communiquer avec les clients, maîtriser l’éthique en milieu de travail, etc. Ce sont des compétences qui peuvent très bien servir pour un emploi de porte-parole, de chef de projets, coordinateur, etc. Ouvrez vos horizons, démontrer vos aptitudes, vous aurez ainsi de meilleures chances de trouver un emploi.

Alors, si vous êtes diplômé, vous saurez sur quoi miser. Si vous n’avez pas ou peu de diplômes, vous devrez aussi miser sur ce que vous êtes capable de faire. Finalement, ces deux statuts (diplômés ou non-diplômés) sont souvent sur le même pied d’égalité pour un nouvel arrivant au Canada.

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